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Elle gagne 4 millions au grattage… et son ex-mari repart les mains vides

Article publié le dimanche 12 juillet 2026

Parfois, un ticket à gratter ne change pas seulement un compte bancaire : il relance aussi une bataille judiciaire. C’est exactement ce qui s’est passé dans le petit État américain du Rhode Island, où une femme ayant remporté 4 millions de dollars à la loterie a ensuite vu son ex-mari tenter de récupérer une part du gâteau.

Mais après plusieurs rebondissements, la Cour suprême du Rhode Island a tranché : les gains restent bien à la gagnante. Et pour l’ex, pas de demi-jackpot au menu.

Un divorce tranquille… jusqu’au ticket gagnant

L’histoire concerne Ana Varela, 48 ans, et Daniel M. Monteiro, 56 ans, mariés en 2007. Le couple vivait séparé depuis longtemps : dès 2012, monsieur avait quitté le domicile pour s’installer dans le Massachusetts, l’État voisin.

En février 2020, Ana Varela lance la procédure de divorce. Jusque-là, rien de très spectaculaire : les deux parties se représentent elles-mêmes, sans avocat, et l’affaire semble plutôt simple. En juin 2020, une audience a lieu en visioconférence, contexte COVID oblige, et le divorce suit son cours.

Le jugement final est enregistré le 8 octobre 2020. Les documents indiquent notamment que :

  • les ex-époux avaient déjà partagé leurs biens personnels,
  • ils n’avaient ni bien immobilier commun, ni dettes conjointes,
  • et ils obtenaient la garde partagée de leurs deux enfants.

En clair : dossier plié, ambiance administrative, rideau.

Sauf que non.

Le coup de grattage qui change tout

Quelques semaines après le divorce, Ana Varela achète un ticket à gratter gagnant. Le gain affiché : 4 millions de dollars, soit environ 3,4 millions d’euros au cours actuel.

Comme c’est souvent le cas aux États-Unis, elle choisit de toucher une somme forfaitaire immédiate plutôt que des versements étalés dans le temps. Résultat :

MontantValeur
Gain annoncé4 000 000 $
Versement en une fois2 600 000 $
Après impôtsenviron 1 800 000 $

Autrement dit, même après le passage du fisc, cela reste un ticket qui fait très sérieusement sourire.

📌 Bon à savoir
Aux États-Unis, de nombreuses loteries annoncent un “gros lot” théorique, mais le gagnant peut choisir un paiement immédiat réduit. C’est très différent de certaines loteries européennes, où le montant annoncé correspond plus directement à la somme versée.

Le point clé : le ticket a-t-il été acheté avant ou après le divorce ?

C’est là que l’affaire devient croustillante. L’ex-mari a soutenu que le ticket avait pu être acheté avant la date officielle du jugement final, et qu’il devait donc être considéré comme un bien marital, c’est-à-dire un actif du couple à partager.

Le problème pour lui : selon les éléments retenus par la justice, le ticket a été acheté entre le 29 et le 31 octobre 2020, donc plus de 20 jours après l’enregistrement du divorce, intervenu le 8 octobre.

Ana Varela a encaissé son ticket le 4 novembre 2020.

En résumé :

  • Divorce finalisé : 8 octobre 2020
  • Achat du ticket gagnant : entre le 29 et le 31 octobre 2020
  • Encaissement du gain : 4 novembre 2020

Timing cruel pour l’ex-mari : à quelques semaines près, la vie ne lui a pas envoyé les bons numéros.

Une procédure compliquée par des erreurs administratives

L’affaire ne s’est pas arrêtée là, car la procédure de divorce contenait plusieurs irrégularités techniques. La Cour suprême du Rhode Island a relevé diverses anomalies, en grande partie liées au fait que les deux ex-époux se défendaient seuls, sans maîtriser les subtilités du droit.

Parmi les soucis relevés :

  • certains documents ont été déposés hors délai ;
  • il manquait des preuves formelles de notification ;
  • et surtout, deux étapes censées être séparées dans le temps ont été enregistrées le même jour.

En 2023, un tribunal de la famille a même reconnu qu’il y avait eu une erreur “ministérielle” pendant le pic de la pandémie de COVID-19. Mais cette erreur n’a pas suffi à annuler le divorce.

Et c’est là tout le cœur du dossier : même s’il y a eu un cafouillage procédural, cela ne changeait pas la date effective du jugement final au point de transformer le ticket en bien commun.

La Cour suprême confirme : l’ex n’a droit à rien

Le 30 juin, la plus haute juridiction du Rhode Island a confirmé la décision précédente : les gains de loterie ne sont pas un bien marital dans cette affaire.

La Cour a rejeté les arguments de l’ex-mari, qui affirmait notamment que :

  • le jugement final devait être considéré comme nul,
  • ses droits procéduraux avaient été violés,
  • et que le tribunal n’avait pas correctement appliqué la loi.

Les juges ont au contraire estimé que les défauts relevés étaient de nature procédurale, pas de quoi effacer le divorce ni rouvrir le coffre-fort du ticket gagnant.

À retenir : le ticket a été considéré comme acheté après le divorce, donc il appartient uniquement à la gagnante.

Pourquoi cette histoire fascine autant

Parce qu’elle mélange trois ingrédients que tout le monde comprend immédiatement :

  1. un divorce ;
  2. un ticket gagnant à plusieurs millions ;
  3. la question fatidique : “à qui appartient l’argent ?”

Et franchement, on tient là un scénario parfait entre chronique judiciaire et ironie du destin. Sur Tirage-Euromillions.net, on voit passer beaucoup d’histoires de gagnants, mais celles où le grattage finit devant une Cour suprême ont quand même une saveur particulière.

Ce que cette affaire dit aussi des loteries américaines

Cette histoire rappelle au passage quelques spécificités des loteries aux États-Unis :

Les tickets à gratter peuvent offrir des sommes énormes

En France, les jeux de grattage les plus connus proposent des gains élevés, mais aux États-Unis, certains tickets montent à plusieurs millions de dollars, avec un marketing très agressif sur les gros lots.

Le montant affiché n’est pas toujours celui encaissé

Entre l’option de versement immédiat et les impôts, la somme finale peut être nettement inférieure au chiffre imprimé en gros sur le ticket.

Les litiges autour des gains ne sont pas rares

Ex-conjoints, collègues, amis, promesses verbales, tickets achetés à plusieurs… les grosses sommes réveillent parfois des souvenirs très sélectifs.

💡 Conseil d’expert
Dans les histoires de gains importants, la date d’achat du ticket est souvent cruciale. Conserver le ticket, les reçus éventuels et toute preuve utile peut faire une énorme différence si une contestation surgit.

Une petite leçon de timing, version jackpot

Au fond, cette affaire s’est jouée sur un détail gigantesque : quelques semaines de calendrier. Si le ticket avait été acheté avant le divorce, l’histoire aurait pu être tout autre. Mais acheté après, il est resté la propriété exclusive de la gagnante.

L’ex-mari aura donc tenté sa chance jusqu’au bout, mais cette fois, le seul ticket perdant de l’histoire semblait être son recours en justice.

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