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Texas Lotto : comment “The Joker” a presque acheté tous les tickets pour rafler le jackpot

Article publié le mardi 24 mars 2026

On a déjà vu des gagnants chanceux, des grilles validées à la dernière minute et des histoires de numéros fétiches. Mais là, on change complètement de catégorie. Au Texas, un puissant syndicat de joueurs a utilisé une méthode digne d’un film de casse : acheter presque toutes les combinaisons possibles pour transformer une loterie en opération mathématique.

Et derrière ce coup spectaculaire, un nom revient avec insistance : Zeljko Ranogajec, surnommé “The Joker”, un Australien connu dans le monde des paris pour ses stratégies à très gros volume. Oui, ici, on est plus proche de la calculatrice industrielle que du trèfle à quatre feuilles.

Une opération géante sur le Lotto Texas

L’affaire remonte au printemps 2023, sur Lotto Texas, une loterie locale américaine qui fonctionne sur un principe classique : il faut trouver 6 numéros parmi 54. Résultat, cela représente 25 827 165 combinaisons possibles.

Le syndicat lié à Ranogajec et à son associé Bernard Marantelli aurait alors imprimé environ 25,8 millions de tickets, soit quasiment l’intégralité des combinaisons. L’objectif était simple :

  • couvrir presque tout l’univers des numéros possibles ;
  • s’assurer de détenir la combinaison gagnante, ou presque ;
  • profiter d’un jackpot devenu mathématiquement intéressant après une longue série de tirages sans gagnant.

Le jackpot annoncé avait grimpé jusqu’à 95 millions de dollars après de nombreux rollovers, c’est-à-dire des reports successifs. Mais comme souvent aux États-Unis, il faut distinguer le montant affiché en rente du paiement comptant (cash option). En pratique, le gain encaissable immédiatement tournait autour de 57 millions de dollars.

📌 À retenir
Le chiffre de 95 millions de dollars correspond au jackpot “vitrine”, celui qui fait briller les yeux. Le montant réellement touché en une fois était bien inférieur, ce qui change tout dans les calculs.

Le vrai coup de génie : ce n’est pas la chance, c’est la logistique

Sur le papier, la stratégie est connue depuis longtemps dans l’univers des loteries : si le jackpot devient suffisamment élevé, acheter toutes les combinaisons peut théoriquement devenir rentable.

En pratique, le problème est monstrueux. Il faut :

  1. financer des dizaines de millions de tickets ;
  2. les imprimer dans les temps ;
  3. éviter les erreurs ;
  4. limiter le risque qu’un autre joueur ait aussi la bonne combinaison.

Et c’est là que l’histoire devient franchement hallucinante.

Selon plusieurs sources américaines et australiennes, le groupe aurait utilisé des terminaux officiels de la loterie texane, avec des QR codes préchargés, pour imprimer les tickets à une vitesse folle dans plusieurs points de vente. L’opération aurait été condensée sur environ 72 heures.

Autrement dit : pendant que le joueur moyen coche ses numéros porte-bonheur, eux faisaient tourner la machine comme une imprimerie électorale un soir de scrutin.

Pourquoi le Texas était une cible idéale

Toutes les loteries ne se prêtent pas à ce genre d’attaque mathématique. Le Lotto Texas présentait plusieurs caractéristiques très particulières :

1. Un jackpot très élevé

Après 93 rollovers, la cagnotte avait atteint un niveau suffisamment gros pour rendre l’opération attractive.

2. Des ventes relativement modestes

C’est un point crucial. Plus une loterie vend peu de tickets chaque semaine, plus il est facile pour un gros syndicat de dominer les combinaisons jouées.

3. Un format simple à modéliser

Avec ses 25,8 millions de combinaisons, le jeu restait “attaquable” pour un groupe doté d’un énorme capital. On est très loin d’un EuroMillions, où le nombre de combinaisons explose à une échelle autrement plus gigantesque.

4. Un système de vente exploitable

Le Texas autorisait alors des services de type courtiers/livreurs de tickets, un modèle assez étranger au public français. En gros, des intermédiaires permettaient d’acheter des billets à distance, tout en les imprimant physiquement dans des points de vente agréés. C’est ce cadre qui aurait servi de porte d’entrée logistique.

Une méthode pensée pour éviter de partager le jackpot

Le plus gros danger, même quand on couvre presque toutes les combinaisons, c’est de devoir partager le gros lot avec un autre gagnant.

Ranogajec est justement réputé pour ce type de détail. Dans ses opérations passées, il privilégiait souvent des combinaisons peu populaires, en évitant les suites trop évidentes ou les numéros que beaucoup de gens aiment jouer.

Pourquoi ? Parce que des millions de joueurs choisissent encore :

  • des dates d’anniversaire ;
  • des suites comme 1-2-3-4-5-6 ;
  • des motifs visuels sur la grille ;
  • des numéros “porte-bonheur” très répandus.

💡 Conseil d’expert
Dans les loteries à partage de gains, la question n’est pas seulement “peut-on gagner ?”, mais aussi “combien de personnes gagneront en même temps ?”. À très haut niveau, les pros pensent d’abord en structure de paiement, pas en superstition.

Les chiffres du casse, noir sur blanc

Voici le cœur de l’opération, tel qu’il ressort des informations disponibles :

ÉlémentDonnée estimée
Jeu viséLotto Texas
Format6 numéros sur 54
Combinaisons totales25 827 165
Tickets achetés~25,8 millions
Prix par ticket1 dollar
Jackpot affiché95 millions de dollars
Valeur en cash estimée~57 millions de dollars
Fenêtre d’impression~72 heures

À cela s’ajoutaient les gains secondaires sur les autres rangs, ce qui améliorait encore le bilan global de l’opération.

Selon plusieurs estimations relayées dans la presse, le syndicat aurait dégagé un bénéfice de plusieurs dizaines de millions de dollars, à condition bien sûr de ne pas partager le jackpot. Et c’est précisément ce qui se serait produit : pas de co-gagnant.

Était-ce légal ? C’est là que ça se complique

C’est toute la zone grise de cette affaire.

D’un côté, les défenseurs du groupe affirment que les règles en vigueur à l’époque n’interdisaient pas explicitement une telle opération. Si quelqu’un veut acheter énormément de tickets, et qu’il le fait via des canaux autorisés, où est la faute ?

De l’autre, les critiques estiment qu’on est face à une captation industrielle d’un jeu grand public, rendue possible par des failles réglementaires, voire par des facilités accordées en coulisses.

Des accusations ont visé l’ancienne direction de la Texas Lottery Commission, notamment autour de :

  • l’extension des possibilités de vente à distance ;
  • l’assouplissement des conditions d’impression ;
  • la capacité inhabituelle de certains terminaux ;
  • l’anonymat du ticket gagnant, réclamé via une structure juridique.

📢 Citation qui résume l’ambiance
Le lieutenant-gouverneur du Texas, Dan Patrick, a qualifié l’affaire de “plus grand vol au peuple du Texas dans l’histoire de l’État”. Ambiance barbecue, certes, mais barbecue très tendu.

Ce qu’a reconnu Ranogajec

En mars 2026, Ranogajec a reconnu avoir été impliqué dans cette opération à grande échelle. Il a expliqué qu’un tel plan n’aurait pas pu être mené simplement en faisant la tournée des kiosques du coin avec un sac de pièces.

Il a aussi laissé entendre qu’une coopération complète au niveau opérationnel était indispensable pour atteindre cette échelle. C’est l’un des points qui nourrit les soupçons depuis le début : comment imprimer autant de tickets aussi vite sans soutien logistique exceptionnel ?

Et c’est bien là que l’histoire fascine autant qu’elle dérange : ce n’est pas seulement un pari énorme, c’est une démonstration de puissance organisationnelle.

Qui est vraiment Zeljko Ranogajec ?

Pour les lecteurs français, le nom n’est pas forcément familier. Pourtant, dans le monde des paris, c’est presque une légende.

Australien d’origine croate, Zeljko Ranogajec est connu depuis des décennies pour ses opérations massives dans :

  • les courses hippiques ;
  • le keno ;
  • les systèmes mutualisés ;
  • les plateformes de paris à fort volume.

Son surnom, “The Joker”, ne vient pas d’un goût particulier pour les cartes flashy, mais de sa réputation de joueur insaisissable, ultra-calculateur et capable de miser à une échelle presque industrielle.

Il a notamment été associé à des structures comme Colossus Bets, dans l’univers du pari hippique au Royaume-Uni, et à d’immenses syndicats de mise en Australie. Sa spécialité n’est pas de “sentir” un bon numéro : il cherche de petits avantages statistiques, puis les exploite avec un volume colossal.

En clair, ce n’est pas un chasseur de trèfles. C’est un ingénieur du rendement.

Pourquoi cette histoire passionne autant les fans de loterie

Parce qu’elle touche à une question que tous les joueurs se sont déjà posée, au moins une fois :

Et si on pouvait vraiment battre le système ?

La réponse, ici, est à la fois oui et non.

Oui, parce qu’un jackpot peut parfois devenir mathématiquement exploitable dans certaines conditions très rares :

  • jackpot énorme ;
  • faible nombre de ventes ;
  • coût unitaire faible ;
  • logistique démesurée ;
  • capital gigantesque.

Non, parce que pour le joueur ordinaire, cela reste totalement hors de portée. Il faut des millions de dollars, une organisation quasi militaire, des relais techniques et une tolérance au risque que même un banquier regarderait avec un petit silence gêné.

Sur Tirage-Euromillions.net, on adore les histoires de gagnants improbables, mais celle-ci est encore différente : ce n’est pas un conte de chance, c’est une leçon de mathématiques appliquées avec la délicatesse d’un bulldozer.

Et depuis, qu’a fait le Texas ?

Le scandale a laissé des traces. Les autorités texanes ont lancé plusieurs enquêtes, la pression politique est montée, et le cadre réglementaire a été durci.

Parmi les conséquences évoquées ou engagées :

  • interdiction ou restriction des services de livraison de tickets ;
  • surveillance renforcée des volumes d’impression ;
  • contestations judiciaires ;
  • critiques contre l’ancienne gouvernance de la loterie ;
  • remise à plat du fonctionnement de la commission texane.

Autrement dit, après avoir vu quelqu’un presque acheter la loterie entière, le Texas a découvert qu’il valait peut-être mieux fermer la porte de l’imprimerie.

Ce que cette affaire dit des loteries modernes

Cette histoire rappelle une chose essentielle : une loterie n’est pas seulement un tirage, c’est aussi un système technique, commercial et réglementaire.

Quand les règles, les volumes et les outils de vente s’alignent d’une certaine façon, des acteurs ultra-capitalisés peuvent tenter de transformer un jeu de hasard en opération d’arbitrage. C’est rare, spectaculaire, et cela demande des conditions presque parfaites. Mais le cas texan montre que ce n’est pas de la science-fiction.

Et au fond, c’est peut-être ce qui rend l’affaire si captivante : pendant que la plupart des gens rêvent du jackpot, certains essaient carrément de le mettre en équation.

Une chose est sûre : entre le joueur qui gratte son ticket au café et le syndicat qui imprime 25,8 millions de grilles en 72 heures, il y a tout un monde… et probablement quelques palettes de papier en moins.

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