Jackpot à 12,8 M$ en Arizona : le ticket “oublié” qui finit… au tribunal
Article publié le dimanche 22 février 2026
Un jackpot, un Circle K (l’équivalent US de nos supérettes de station-service), une pile de tickets imprimés, et un manager qui se dit “tiens, si je me faisais un petit reçu rétroactif ?” Résultat : 12,8 millions de dollars (environ 11,8 M€ selon les taux de change) sont aujourd’hui coincés dans une histoire tellement improbable qu’elle a fini devant un juge en Arizona.
Et forcément, quand une loterie se transforme en épisode de série judiciaire, nous sur Tirage-Euromillions.net on sort le pop-corn… et la calculatrice.
Le scénario : 85 tickets imprimés, 60 payés, 1 jackpot dans le lot
Tout commence le 24 novembre 2025, à Scottsdale (une ville chic de la banlieue de Phoenix, ambiance palmiers, golf et grosses voitures). Un client entre dans un Circle K et demande plusieurs tickets pour “The Pick”, un jeu de loterie local.
C’est quoi “The Pick” (version française) ?
C’est un tirage où il faut faire correspondre 6 numéros avec ceux tirés par la loterie. Le tirage a lieu trois fois par semaine. Les chances de décrocher le jackpot seraient d’environ 1 sur 7 millions.
📌 En clair : c’est un peu l’esprit “Loto”, mais version Arizona, avec un format et des règles propres au jeu.
Sauf que ce jour-là, le vendeur imprime 85 tickets (à 1 $ pièce), mais le client n’en paie que 60.
Les 25 tickets restants sont mis de côté et ne sont pas vendus à d’autres clients.
Et là, évidemment : l’un de ces 25 tickets “en trop” est gagnant du jackpot.
Le rebondissement : le manager “achète” le ticket… le lendemain
Le lendemain matin, selon la plainte déposée, le manager du magasin, Robert Gawlitza, réalise qu’un des tickets laissés de côté est le bon.
Et là, on entre dans la zone grise façon “je respecte la règle… techniquement”.
D’après les documents :
- il pointe sa fin de service (clock out),
- il retire son uniforme,
- il demande à un employé de lui “vendre” les tickets restants,
- dont le ticket gagnant, pour 10 $,
- avec reçu, et il signe l’arrière du ticket (le geste classique du “c’est à moi”).
💡 Le détail qui fait sourire (jaune) : on dirait une manœuvre pensée pour contourner une règle fréquente : dans beaucoup de loteries, les employés n’ont pas le droit de jouer pendant leur service. Donc “je ne suis plus en service” = “je peux acheter”… sauf que le tirage, lui, est déjà passé.
Pourquoi Circle K attaque en justice ? Parce que le ticket pourrait… lui appartenir
Circle K (l’entreprise) a récupéré le ticket et l’a gardé. Elle demande maintenant à un tribunal du comté de Maricopa de trancher :
- le ticket a-t-il été vendu validement ?
- à qui appartient-il légalement ?
- qui a droit aux 12,8 M$ ?
La règle qui change tout : “si c’est imprimé mais pas vendu, c’est au détaillant”
Circle K s’appuie sur une règle administrative de l’Arizona : les tickets imprimés mais non vendus deviennent la propriété du détaillant.
Et ce n’est pas un détail : dans beaucoup de systèmes de loterie, le commerçant paye les tickets imprimés, qu’ils soient vendus ou non. Ce qui explique pourquoi, juridiquement, un ticket “sur-imprimé” peut être considéré comme appartenant au magasin.
📌 À retenir
- Le ticket est authentique (il a bien été imprimé par la loterie).
- La question n’est pas “est-ce un vrai ticket ?”
- La question est : qui en est le propriétaire légitime au moment du tirage ?
Un cas “presque inédit” : même l’ex-directeur de la loterie est surpris
Un ancien directeur exécutif de l’Arizona Lottery (en poste 2016–2023) explique n’avoir jamais rencontré ce type de situation. La loterie elle-même parle d’un cas unique, sans précédent clair dans l’État.
Et du côté des élus, certains disent déjà que cette affaire pourrait pousser à modifier la loi pour éviter que le même scénario se reproduise.
Le chrono tourne : 180 jours pour réclamer le jackpot
Autre twist : en Arizona, un gagnant a 180 jours pour réclamer son gain.
🗓️ Pour un tirage du 24 novembre 2025, la date limite tombe autour du 23 mai 2026.
Si personne n’est reconnu comme gagnant d’ici là (ou si la procédure traîne), l’argent ne part pas juste “dans le vide” :
- une partie va aux bénéficiaires financés par la loterie,
- le reste retourne dans la cagnotte des futurs tirages.
Autrement dit : 12,8 M$ pourraient finir en “retour à l’envoyeur”, alors que le ticket est physiquement là, bien au chaud, mais juridiquement en suspens.
Mini-débat : qui a “mérité” le jackpot ?
Sans jouer les juges (ils sont payés pour ça), on peut résumer les positions :
| Camp | Argument principal | Ce que ça implique |
|---|---|---|
| Circle K | “Imprimé mais non vendu = propriété du magasin” | Le jackpot irait à l’entreprise (ou selon décision/accord) |
| Le manager | “Je l’ai acheté avec un reçu” | Il serait gagnant, malgré l’achat après tirage |
| Le client initial (inconnu) | “J’avais demandé des tickets” | Encore faudrait-il prouver paiement/possession |
ℹ️ Remarque rapide : l’histoire devient encore plus croustillante parce que le client initial n’est pas identifié dans les articles. Donc on a un jackpot avec, pour l’instant, un casting incomplet.
Le mot de la fin (très simple) : un jackpot, trois “propriétaires” potentiels, un seul juge
Cette affaire de Scottsdale est un rappel parfait que, dans les loteries, le hasard peut frapper n’importe où… mais que l’administratif peut parfois être plus puissant qu’une combinaison gagnante : à 12,8 millions de dollars, un ticket “oublié” n’est plus un bout de papier, c’est un dossier judiciaire à part entière.
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