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Quand gagner à la loterie finance un empire criminel de 330 millions d’euros : l’incroyable histoire du retraité britannique

Article publié le vendredi 13 février 2026

Vous pensiez que Breaking Bad était une pure fiction ? Détrompez-vous. L’histoire de John Eric Spiby, 80 ans, pourrait largement rivaliser avec les scénarios les plus fous de la télévision. Ce retraité britannique vient d’être condamné à 16 ans et demi de prison pour avoir transformé son gain à la loterie nationale en… un empire de faux médicaments d’une valeur estimée à 288 millions de livres sterling (environ 330 millions d’euros). Oui, vous avez bien lu.

Du jackpot au laboratoire clandestin

Retour en 2010. John Eric Spiby, alors âgé de 65 ans, décroche le jackpot de la loterie nationale britannique : 2,4 millions de livres (environ 2,7 millions d’euros). De quoi couler une retraite paisible dans sa vaste maison de campagne près de Wigan, dans la région de Manchester. Sauf que "paisible" n’était clairement pas dans le vocabulaire de notre homme.

Au lieu de partir en croisière ou de gâter ses petits-enfants, Spiby a eu une idée nettement moins conventionnelle : investir ses gains dans la production industrielle de faux comprimés de Valium. Et quand on dit "industriel", on ne plaisante pas.

Une installation digne d’un cartel

Le septuagénaire a transformé d’anciennes écuries près de son cottage rural en véritable usine pharmaceutique clandestine, équipée de :

  • 💊 Machines de pressage de comprimés capables de produire des dizaines de milliers de pilules par heure
  • 🏭 Un second site de production à Salford, acheté en 2021
  • 🔫 Des armes à feu (dont des AK-47 et des Uzis, s’il vous plaît)
  • 💰 Des sommes importantes en liquide
  • 📦 Des millions de comprimés contrefaits

Les faux médicaments produits ? Des comprimés de diazépam (Valium) frelatés avec de l’étizolam, une substance interdite au Royaume-Uni. Le tout inondant le marché noir britannique pendant des années, depuis ce qui semblait être une tranquille propriété de campagne.

L’orgueil avant la chute

Ce qui est peut-être le plus savoureux dans cette histoire, c’est l’ego démesuré de notre criminel octogénaire. Dans des messages interceptés sur EncroChat (la messagerie cryptée favorite des gangsters européens), Spiby se vantait en ces termes : "Elon et Jeff feraient mieux de surveiller leurs arrières" – en référence à Elon Musk et Jeff Bezos.

Rien que ça. Un retraité de Wigan qui se compare aux milliardaires de la tech depuis son labo de faux Valium. On ne peut pas lui retirer son sens de l’humour… involontaire.

La chute de l’empire

C’est l’interception par les autorités françaises de messages EncroChat en 2021 qui a mis la puce à l’oreille de la police du Grand Manchester. Après une surveillance minutieuse, les forces de l’ordre ont mené des raids spectaculaires en avril 2022, mettant fin à l’opération.

Le verdict sans appel

En janvier 2026, le tribunal de Bolton Crown Court a rendu son verdict. Malgré les dénégations de Spiby, qui affirmait ne rien savoir de tout cela (difficile à croire quand on finance les machines et consulte quotidiennement les opérations), le juge Clarke KC n’a pas été tendre :

📊 Les condamnations :

AccuséRôlePeine de prison
John Eric Spiby (80 ans)Cerveau et financier16 ans et 6 mois
John Colin Spiby (37 ans, son fils)Production et logistique9 ans
Callum DorianComplice principal12 ans
Lee DuryProduction et blanchiment9 ans

Total : près de 50 ans de prison pour le gang familial.

Le juge a souligné que Spiby avait "continué à vivre une vie criminelle bien au-delà de ce qui aurait normalement été ses années de retraite", et ce malgré ses gains substantiels à la loterie. Autrement dit : il n’avait aucune excuse financière.

Quand la chance ne suffit pas

Cette affaire rappelle une vérité fondamentale que nous suivons régulièrement sur Tirage-Euromillions.net : gagner à la loterie peut changer une vie, mais certainement pas transformer un casier judiciaire "conséquent" en ardoise vierge. Car oui, Spiby n’était pas un enfant de chœur avant son gain – il avait déjà un passé criminel bien fourni.

💡 Bon à savoir : Au Royaume-Uni, la loi sur les produits du crime (Proceeds of Crime Act 2002) permet la saisie de tous les biens acquis illégalement, même si le criminel possède par ailleurs de l’argent légitime. Les gains de loterie ne protègent donc absolument pas contre les poursuites.

Le "Breaking Bad" britannique

Les médias britanniques n’ont pas tardé à surnommer cette affaire le "Breaking Bad de la vraie vie", en référence à la célèbre série où un professeur de chimie se lance dans la production de méthamphétamine. Sauf qu’ici, pas de cancer terminal pour justifier la dérive – juste un retraité millionnaire qui s’ennuyait visiblement.

L’histoire a d’ailleurs inspiré plusieurs documentaires et reportages investigatifs, tant elle semble sortie tout droit d’un scénario hollywoodien. Qui aurait imaginé qu’une paisible campagne du nord de l’Angleterre abriterait l’un des plus gros réseaux de contrefaçon pharmaceutique du pays ?


À 80 ans, John Eric Spiby va donc passer ce qui lui reste d’années derrière les barreaux. Une fin peu glorieuse pour quelqu’un qui avait pourtant eu la chance inouïe de décrocher le jackpot. Preuve, s’il en fallait, que même avec des millions en poche, certains ne peuvent s’empêcher de jouer… aux apprentis chimistes. Et dans ce jeu-là, la maison gagne toujours.

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