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Histoire de 2 papys qui ont claqué leur jackpot du loto

Les grands gagnants du loto de l’État de New York que sont Lewis Eisenberg et Curtis Sharp Jr sont passés des classes moyennes inférieures à la richesse pour ensuite revenir d’où ils étaient venus, le tout en 4 décennies. Ces 2 grands gagnants, qui s’étaient rencontrés à l’occasion d’un événement organisé à leur intention par la loterie de New York, sont devenus amis. Leurs destins sont d’une certaine manière liés : ils ont suivi tous les 2 la même trajectoire descendante en raison des mêmes travers.

Eisenberg et Sharp

Malgré avoir dilapidé leurs millions à cause de mauvais investissements, des casinos, de pensions alimentaires et des voitures, les 2 Américains sont tout de même resté de très bons amis.

« Je l’ai comme ami et il m’a moi, mais en bout de course nous n’avons plus d’argent, » a déclaré Eisenberg, aujourd’hui âgée de 90 ans, au New York post.

C’est en 1981 que tout a basculé pour ce dernier. Alors qu’il avait 53 ans, ce résident du quartier de Brighton Beach à Brooklyn gagne 5 millions au loto, une véritable fortune aujourd’hui en raison de l’inflation (ce fut d’ailleurs un record). Il travaillait à l’époque en tant que changeur d’ampoule. Il gagnait 225 $ par semaine, il s’est empressé de démissionner. Il était devenu une petite célébrité en faisant des apparitions remarquées dans des émissions comme le Tonight Show de Johnny Carson ainsi que dans d’autres événements locaux.

Un an plus tard, Eisenberg, qui était surnommé « Lucky Lou » (Lou le veinard), fut invité par la loterie de New York à une fête organisée en l’honneur de son dernier grand gagnant, Curtis Sharp Jr. Sharp, alors âgé de 44 ans, avait lui aussi remporté 5 millions de dollars. Ce faisant, il devenait le premier Afro-américain à décrocher la cagnotte.

Il vivait à Newark, dans le New Jersey, juste à côté de New York. Il travaillait en tant qu’agent d’entretien pour un salaire de 300 $ la semaine.

Il avait fait les titres des journaux pour avoir débarqué à la cérémonie de remise du chèque géant avec son chapeau de bowling et accompagné de 2 femmes, à savoir son épouse et… sa petite amie.

« Je l’ai tout de suite apprécié parce que… il me faisait penser à moi-même, » a déclaré Eisenberg alors qu’il se remémorait sa première rencontre avec son ami. « Il était habillé sur son 31, il est arrivé en chantant une chanson. »

Les 2 compères avaient tous les 2 choisi de recevoir leur argent en paiements mensuels d’environ 200.000 $. Après avoir gagné, ils apparurent tous les 2 dans des spots promotionnels de la loterie.

Un spot publicitaire célèbre de 1985 a pour vedettes le duo. Les 2 amis sont assis à l’arrière d’une limousine. Celle-ci s’arrête ensuite devant un stand de hot dogs. Sharp sort alors la tête de la limousine par le toit ouvrant pour lancer au vendeur de hot dogs : « ne sois pas radin avec la moutarde ». Grâce à leur fortune, les 2 chanceux ont pu rencontrer des célébrités telles qu’Oprah Winfrey, Andi Warhol, Larry Hagman, etc.

Après que leur célébrité se soit évaporée, les 2 gagnants sont restés proches, en se rencontrant ou en se téléphonant régulièrement.

À côté du fait d’être des grands gagnants de la loterie, les 2 compères partagaient un point commun : ils avaient tous les 2 un penchant pour la belle vie, une philosophie de vie de type carpe diem, sans souci pour le lendemain.

Eisenberg aimait beaucoup les jeux d’argent. Sa passion l’a souvent emmené du côté de Paris et de Las Vegas. Il a également dû débourser pas mal d’argent dans des pensions alimentaires après deux divorces, qui grignotaient ses revenus. Lorsque ses amis ou des voisins lui demandaient de l’argent, il disait rarement non.

La vie de Sharp ressemble en de nombreux points à celle de son ami : plusieurs divorces, les jeux d’argent, un goût prononcé pour les voitures de luxe ainsi qu’une grande générosité envers ses amis et les associations caritatives ont rapidement érodé sa fortune.

Sa première grande dépense après avoir remporté le jackpot fut une Cadillac Fleetwood de 1983, pour laquelle il déboursa 60.000 $. « L’argent est parti aussi vite qu’il est venu, » a-t-il dit en parlant de ses millions.

La raison pour laquelle Eisenberg et Sharp ne se souciaient pas trop de la dépense était le fait qu’aucun d’entre eux ne pensait vivre vieux. Il n’y avait donc selon eux aucun intérêt à épargner pour leurs vieux jours. Mais ils ont démenti leur propre pronostic. Leur argent n’aura pas fait long feu en vertu de leur train de vie.

Après avoir reçu son dernier paiement mensuel du loto en 2001, Eisenberg a emménagé dans une caravane. Il vit actuellement dans la maison de sa tante en Floride. Il vivote avec une pension et des indemnités de 1800 $ par mois.

Sharp, aujourd’hui âgée de 80 ans, vit à Antioch, dans le Tennessee. Il officie en tant que prêtre baptiste au sein d’un établissement pénitencier. Après avoir dépensé chaque centime de sa fortune, Sharp vit aujourd’hui avec 2600 $ par mois. Malgré la chute de ses revenus, il continue de faire des dons à des organisations caritatives.

Dans une interview accordée il y a quelques années, Sharp avait prodigué quelques conseils judicieux aux futurs grands gagnants : « Engagez un bon avocat avant de vous offrir une Cadillac. »

Lorsque Eisenberg a célébré ses 90 printemps en avril dernier, Sharp a fait le déplacement jusqu’en Floride pour fêter l’anniversaire de son ami. Il avait apporté avec lui un cadeau tout à fait approprié : pour 15 $ de tickets de loto!

Article publié le lundi 4 juin 2018

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