Il trouve un ticket gagnant à 12,8 millions de dollars… puis perd son job : l’incroyable affaire qui secoue l’Arizona
Article publié le vendredi 11 septembre 2026
Acheter des tickets de loterie pour 10 dollars et tomber sur 12,8 millions de dollars : sur le papier, c’est le genre d’histoire qui fait rêver tous les amateurs de jackpots. Sauf que dans cette affaire venue d’Arizona, le scénario a très vite quitté la case “conte de fées” pour filer tout droit vers “drame administratif avec supplément tribunal”.
Et franchement, il fallait l’inventer : un ticket abandonné, un gérant de supérette, un jackpot colossal, un licenciement, et une bataille judiciaire pour savoir à qui appartient vraiment le précieux bout de papier. Sur Tirage-Euromillions.net, on adore les histoires de gagnants… mais celle-ci ressemble surtout à un ticket gagnant passé dans une essoreuse.
Un ticket abandonné, puis un jackpot monstre
Tout commence le 24 novembre 2025 dans un magasin Circle K à Scottsdale, une ville de l’agglomération de Phoenix, en Arizona, dans le sud-ouest des États-Unis. Pour situer, Scottsdale est connue pour ses quartiers résidentiels, ses golfs et son côté plutôt chic que station-service poisseuse. Comme quoi, même sous le soleil de l’Arizona, les histoires de loterie peuvent tourner au western judiciaire.
Ce jour-là, une cliente demande 85 dollars de tickets pour The Pick, l’un des grands jeux de la loterie de l’État d’Arizona. Petit point utile pour les lecteurs français :
The Pick, c’est quoi exactement ?
The Pick est une loterie locale américaine de type tirage de numéros. Le principe est simple :
- il faut choisir 6 numéros
- les numéros vont de 1 à 44
- les jackpots peuvent grimper très haut s’il n’y a pas de gagnant sur plusieurs tirages
On est donc sur une mécanique qui rappellera aux joueurs français certains jeux à combinaison, même si le format n’est pas celui de l’EuroMillions.
Le souci, c’est que la cliente n’a finalement que 60 dollars sur elle. Résultat : une partie des tickets déjà imprimés ne peut pas être payée. Or, dans beaucoup de loteries américaines, un ticket imprimé ne peut pas être annulé. Les billets restants restent donc près de la caisse.
Le soir même, les numéros tirés sont : 3, 13, 14, 15, 19 et 26.
Et là, jackpot : 12,8 millions de dollars. Soit environ 11 millions d’euros selon les taux de change récents. Un énorme lot pour ce jeu, présenté comme le quatrième plus gros jackpot de l’histoire de The Pick, et le plus gros remporté en Arizona depuis 2019.
Le lendemain, le gérant découvre que le ticket gagnant est dans son magasin
Le lendemain matin, Robert Gawlitza, alors gérant du magasin, apprend qu’un ticket gagnant a été vendu dans son établissement. Jusque-là, rien d’extraordinaire : les détaillants américains savent souvent rapidement qu’un gros lot est passé par chez eux.
Mais en vérifiant les tickets abandonnés, il découvre qu’un des billets laissés sur le comptoir correspond exactement à la combinaison gagnante.
Oui, le ticket à 12,8 millions de dollars était là. Tranquillement. À côté de la caisse. Comme une baguette oubliée… sauf que la baguette ne vaut généralement pas onze millions d’euros.
Il rachète les tickets pour 10 dollars
C’est ici que l’affaire devient explosive.
Selon la version de Robert Gawlitza, il :
- pointe sa sortie ;
- retire son uniforme ;
- rachète une partie des tickets abandonnés pour 10 dollars auprès d’une collègue en service ;
- signe le ticket gagnant.
Son avocat affirme qu’il s’agit d’une transaction parfaitement encaissée, avec reçu à l’appui. En clair : pour sa défense, il ne s’est pas “servi”, il a acheté les tickets.
📌 À retenir
- Le ticket gagnant n’avait pas été payé par la cliente
- Il faisait partie de tickets déjà imprimés
- Robert Gawlitza affirme les avoir achetés légalement
- Circle K conteste la validité de cette vente
Pourquoi seulement 10 dollars ?
C’est l’un des détails les plus étonnants de l’histoire. Les articles indiquent qu’il a racheté pour 10 dollars une partie des tickets abandonnés, parmi lesquels se trouvait le billet gagnant.
Autrement dit, il n’a pas déboursé 85 dollars pour tout le paquet, ni même 25 dollars pour les 25 tickets restants, mais seulement une partie. C’est précisément ce genre de détail qui nourrit aujourd’hui le litige : quels tickets ont été vendus, à quel moment, et dans quelles conditions exactes ?
Circle K ne lui dit pas bravo… Circle K l’attaque en justice
On pourrait imaginer la scène idéale : photo avec un chèque géant, sourire ultra-bright, et petit panneau “vendu ici”. Pas du tout.
En février 2026, l’enseigne Circle K saisit la justice dans le comté de Maricopa, où se trouvent Phoenix et Scottsdale. L’entreprise ne réclame pas directement le jackpot pour elle-même dans les termes rapportés, mais demande au tribunal de trancher une question centrale :
La vente du ticket était-elle juridiquement valable, et qui est le propriétaire légitime du billet gagnant ?
Et là, on entre dans un vrai casse-tête de droit commercial, de règlement interne et de procédure loterie.
Le vrai nœud du problème : il savait déjà que le ticket était gagnant
C’est probablement le point le plus sensible de toute l’affaire.
Quand Robert Gawlitza rachète les tickets, il sait déjà qu’un ticket gagnant a été imprimé dans son magasin, et selon son récit, il a identifié le bon billet avant l’achat. Juridiquement et éthiquement, cela change beaucoup de choses.
Circle K soutient aussi qu’il était toujours techniquement en service au moment de l’opération, même s’il avait pointé sa sortie et retiré son uniforme. En gros : on peut enlever la chemise du boulot, mais pas forcément les obligations qui vont avec.
📊 Les deux versions face à face
| Position de Robert Gawlitza | Position de Circle K |
|---|---|
| Il a acheté les tickets légalement | La vente pourrait être invalide |
| La transaction a été encaissée avec reçu | Il était peut-être encore en service |
| Il a suivi une pratique interne connue | Il aurait enfreint les règles de l’entreprise |
| Le ticket lui appartient | La justice doit déterminer le vrai propriétaire |
Une “règle maison” évoquée pour justifier l’achat
Pour défendre son geste, Robert Gawlitza affirme qu’il existait dans le magasin une pratique interne non écrite : lorsque des tickets de loterie étaient imprimés par erreur au-delà d’un certain montant, les employés pouvaient être amenés à les racheter avec leur propre argent.
Son équipe juridique a même produit six attestations d’employés ou anciens employés allant dans ce sens.
💡 Bon à savoir
Dans de nombreux points de vente américains, les loteries sont gérées avec des procédures très strictes, car un ticket imprimé engage souvent financièrement le détaillant. Mais entre les règles officielles, les usages locaux et les pratiques “maison”, il peut exister un fossé énorme. Et c’est souvent dans ce fossé que naissent les affaires les plus folles.
Il est licencié après près de vingt ans
Comme si l’incertitude sur les millions ne suffisait pas, Robert Gawlitza a aussi perdu son emploi.
Il a été licencié fin janvier 2026, après environ vingt ans dans l’entreprise. Le motif avancé : il aurait violé la politique du magasin en achetant le ticket alors qu’il était encore considéré comme en service.
Là encore, son avocat affirme que l’entreprise a durci sa position seulement après avoir pris la mesure du jackpot en jeu. Autrement dit : tant qu’on parlait de quelques dollars, personne ne s’étranglait. À 12,8 millions, tout le monde a soudain relu le règlement en taille 8.
Le jackpot est bloqué… et le ticket dort dans un coffre
À ce jour, l’affaire n’est pas simplement “compliquée” : elle est carrément gelée.
Le ticket physique est conservé dans un coffre au siège de Circle K, tandis que l’argent correspondant au jackpot est placé sur un compte rémunéré géré par l’État d’Arizona.
C’est un détail important : aux États-Unis, les gains de loterie doivent généralement être réclamés dans un délai précis. En Arizona, ce délai est de 180 jours après le tirage.
Pour ce jackpot du 24 novembre 2025, la date limite tombait donc au 23 mai 2026. Mais comme la justice n’avait toujours pas déterminé qui était le gagnant légitime, le juge Joseph Kreamer a accordé 180 jours supplémentaires.
ℹ️ Ce que cela signifie concrètement
- le jackpot n’a pas disparu ;
- il n’a pas été versé à Robert Gawlitza ;
- il n’a pas non plus été attribué définitivement à quelqu’un d’autre ;
- l’affaire dépend désormais du tribunal.
Une affaire très américaine… mais fascinante pour les joueurs français
Vu de France, cette histoire a quelque chose de presque irréel. Chez nous, les règles de validation et de propriété des tickets sont aussi très encadrées, mais on voit rarement un tel mélange de :
- ticket abandonné,
- rachat après tirage,
- conflit employeur-salarié,
- et licenciement dans la foulée.
C’est aussi ce qui rend cette affaire si passionnante pour les amateurs de loteries : elle pose une question simple en apparence, mais redoutable en pratique.
Qui est le vrai gagnant ?
- La cliente qui avait demandé les tickets, mais ne les a pas payés ?
- Le magasin, puisque les tickets ont été imprimés chez lui ?
- Le gérant, puisqu’il affirme les avoir achetés avec reçu ?
- Personne, si la vente est jugée invalide ?
On dirait presque une question de philo version jackpot.
Et s’il gagne au tribunal ?
Robert Gawlitza ne compte pas forcément garder tout pour lui. Selon les éléments rapportés, il aurait prévu de partager le gain à parts égales avec la collègue qui avait imprimé les tickets, si la justice lui donne raison.
Un geste qui ajoute encore une couche à cette histoire déjà bien chargée : même le partage du jackpot est prêt, il ne manque plus “que” la décision du tribunal. Autant dire la petite formalité à 12,8 millions de dollars.
📌 Info Box : les chiffres clés de l’affaire
- Lieu : Scottsdale, Arizona, États-Unis
- Date du tirage : 24 novembre 2025
- Jeu : The Pick
- Numéros gagnants : 3, 13, 14, 15, 19, 26
- Montant du jackpot : 12,8 millions de dollars
- Montant payé pour les tickets : 10 dollars
- Statut actuel : gain bloqué, litige en justice
- Conséquence immédiate : licenciement du gérant
Une histoire où trouver les bons numéros était finalement le plus simple
Dans la plupart des récits de gagnants, le plus dur consiste à avoir les bons numéros. Ici, c’était presque la partie facile. Le vrai parcours du combattant commence après le tirage, avec des avocats, des règles internes, un coffre-fort et un juge chargé de décider si 10 dollars ont réellement acheté 12,8 millions.
Une chose est sûre : en Arizona, ce ticket a transformé une simple pile de billets abandonnés en l’une des histoires de loterie les plus incroyables de ces derniers mois.
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