En 1936, 11 habitants d’un village gardois ont décroché le gros lot… grâce à un billet partagé
Article publié le vendredi 7 août 2026
Il y a des histoires de loterie qui sentent bon la France d’autrefois, les cafés de village, les voisins qui se connaissent tous et les coups de chance absolument monumentaux. Celle de Vallabrègues, petit village du Gard posé entre Tarascon et le Rhône, en fait clairement partie.
En mai 1936, onze habitants de cette commune ont vu leur vie basculer en remportant ensemble 3 millions de francs à la Loterie nationale. Et le plus savoureux dans l’affaire, c’est que tout est parti d’une dame qui a d’abord pensé garder le billet pour elle… avant de le partager avec ses proches. Comme quoi, parfois, la meilleure stratégie n’est pas de jouer solo, mais de faire tourner la chance.
Un jackpot historique dans un petit village du Gard
Le 25 mai 1936, un billet gagnant vendu par la succursale de la Banque de France à Tarascon permet à un groupe de modestes habitants de Vallabrègues de toucher le gros lot de 3 millions de francs.
À l’époque, on ne parle pas d’un simple joli gain. On parle d’une somme colossale, dans une France de l’entre-deux-guerres où la majorité des gens vivent bien plus modestement qu’aujourd’hui. Les gagnants ne sont ni grands industriels ni notables parisiens : ce sont des ouvriers agricoles, charrons, chaisiers, vanniers… bref, des gens du coin, travailleurs, enracinés, très loin de l’image clinquante du millionnaire.
Et c’est justement ce qui rend cette histoire aussi savoureuse : le gros lot tombe chez “les gens ordinaires”.
La main heureuse de Madame Niquet
Au centre de cette histoire, il y a Madame Niquet, 58 ans. C’est elle qui achète le billet gagnant.
Son idée de départ ? Le conserver pour elle-même. Franchement, on ne va pas lui jeter la pierre : quand on tient peut-être un ticket providentiel, le réflexe de le serrer très fort est assez humain. Mais après réflexion, elle décide finalement de le partager avec des voisins et amis.
Résultat : chacun prend une part du billet, et lorsque le tirage tombe, la chance arrose tout un petit cercle de Vallabréguants.
À retenir
- Lieu : Vallabrègues, dans le Gard
- Date du tirage : 25 mai 1936
- Loterie : Loterie nationale
- Montant total : 3 millions de francs
- Particularité : un billet partagé entre 11 personnes
On imagine très bien la scène : un billet fractionné entre voisins, sans appli mobile, sans groupe WhatsApp, sans capture d’écran ni tableau Excel. Juste de la confiance, de la parole donnée… et un sacré flair.
Qui étaient les gagnants ?
Le billet partagé a profité à plusieurs habitants du village. Parmi eux, on retrouve notamment :
- M. Miladine, Serbe de 39 ans
- Roger Pascalin, son beau-frère, 24 ans
- Violet Lézin, 72 ans
- Marin Julien, dit “le chic”, 27 ans
- Jules Bouche
- Veuve Lacroix
- Eva Boyer, 36 ans
- Angélina Moine, 56 ans
- Victoria Fontanier, 46 ans
- le couple Niquet
Deux des gagnants, M. Miladine et Roger Pascalin, avaient partagé ensemble un dixième du billet et ont ainsi touché 150 000 francs chacun. Les autres parts ont permis à plusieurs familles d’empocher 300 000 francs.
3 millions de francs en 1936, ça représentait quoi ?
C’est évidemment la grande question. Et la réponse est simple : énorme.
Comparer précisément des francs de 1936 à des euros de 2026 est délicat, car il faut tenir compte à la fois de l’inflation, du coût de la vie et du pouvoir d’achat réel. Mais une chose est sûre : 300 000 francs à l’époque représentaient déjà une fortune, capable de transformer radicalement une existence.
Pour donner un ordre d’idée, avec une telle somme dans les années 1930, on pouvait envisager :
- l’achat d’une maison ou de terres,
- la sécurisation d’une famille sur plusieurs années,
- le remboursement de dettes,
- un changement complet de niveau de vie.
📌 Bon à savoir
La Loterie nationale française a été créée en 1933. Elle est l’ancêtre direct des grandes loteries modernes en France. À ses débuts, elle a très vite captivé le pays, avec des tirages suivis de près et des gagnants qui devenaient de véritables célébrités locales.
Une région déjà bénie par la chance
Ce qui rend l’histoire encore plus croustillante, c’est qu’elle ne surgit pas de nulle part. Trois ans plus tôt, en novembre 1933, Paul Bonhoure, habitant de Tarascon, était déjà entré dans l’histoire comme premier gagnant du gros lot de la Loterie nationale.
Autrement dit, dans ce coin entre Gard et Bouches-du-Rhône, la chance semblait avoir pris un abonnement. À ce rythme-là, les villages voisins devaient probablement regarder passer les billets avec un mélange d’espoir et de jalousie très mesurée.
Pour les lecteurs de Tirage-Euromillions.net, c’est aussi un joli rappel : bien avant les jackpots à plusieurs dizaines de millions, les histoires de loterie faisaient déjà vibrer les communes françaises, avec une intensité parfois encore plus forte, parce que tout le monde connaissait les gagnants.
Vallabrègues, un décor parfait pour une telle histoire
Si vous ne situez pas Vallabrègues, c’est un village gardois connu aujourd’hui notamment pour sa tradition autour de la vannerie. Ce n’est pas anodin quand on voit que certains gagnants étaient justement issus de métiers artisanaux locaux. On est dans une France méridionale de proximité, de métiers manuels, de solidarités de voisinage.
Et c’est peut-être ce qui donne à cette histoire son charme particulier : ici, le jackpot n’est pas tombé sur un inconnu lointain, mais sur un petit réseau d’amis et de voisins. Le billet gagnant n’a pas seulement enrichi une personne, il a irrigué tout un microcosme.
Pourquoi cette histoire parle encore aujourd’hui
Parce qu’elle coche toutes les cases du grand récit loterie :
- un village
- des gagnants modestes
- un billet partagé
- une somme gigantesque
- un soupçon de “j’ai failli le garder pour moi”
- et, au final, une pluie de francs sur les copains
Honnêtement, si cette histoire sortait aujourd’hui, elle ferait un carton sur les réseaux. Avec probablement un commentaire du type : “Moralité : soyez sympa avec la voisine qui propose un billet en commun.”
Petit tableau récapitulatif
| Élément | Détail |
|---|---|
| Village | Vallabrègues |
| Département | Gard |
| Date | 25 mai 1936 |
| Loterie | Loterie nationale |
| Gain total | 3 millions de francs |
| Nombre de gagnants | 11 |
| Déclencheur de l’histoire | Un billet acheté puis partagé par Mme Niquet |
Ce que cette histoire nous rappelle sur les loteries d’hier
Les loteries anciennes avaient un parfum très différent de celui d’aujourd’hui. Moins de communication, moins de spectaculaire au sens moderne, mais souvent des histoires humaines très fortes. Le billet était un objet rare, précieux, presque solennel. Et lorsqu’il était partagé, cela reposait sur une confiance simple, presque désarmante.
💡 Conseil d’expert loterie-histoire
Les récits de gains collectifs ne datent pas d’hier. Bien avant les syndicats de jeu modernes, les joueurs avaient déjà compris une chose : partager un billet, c’est partager le rêve. Et parfois, ce rêve finit vraiment par tomber.
Cette victoire de Vallabrègues reste un petit trésor de l’histoire des loteries françaises : un jackpot ancien, local, chaleureux, et délicieusement improbable, comme seuls les villages savent en produire.
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