Il gagne 500 000 € au grattage… mais ne peut pas toucher son jackpot
Article publié le mardi 16 juin 2026
En Italie, l’histoire d’Imagbe Ehizomwengie ressemble à un scénario que même un ticket à gratter n’aurait pas osé promettre. Ce Nigérian de 36 ans a remporté 500 000 euros avec un jeu Gratta e Vinci, l’équivalent italien de nos tickets à gratter bien connus en France. Problème : il ne pouvait pas récupérer son gain.
La raison ? Sans titre de séjour en règle, impossible pour lui d’ouvrir un compte bancaire à son nom. Résultat : un jackpot bien réel… mais bloqué dans les limbes administratives. Sur Tirage-Euromillions.net, on voit passer beaucoup d’histoires de gagnants, mais celle-ci coche une case très particulière : le gros lot qui doit d’abord battre un boss final nommé paperasse.
Un ticket à 5 euros qui change une vie… en deux temps
Imagbe Ehizomwengie vivait en Italie depuis 2016, après un parcours extrêmement difficile passé notamment par la Libye, où il a été détenu pendant deux ans avant d’être libéré contre rançon. Arrivé ensuite en Italie, il avait déposé une demande de protection, refusée par les autorités.
Sans papiers, sans droit de travailler légalement, il survivait comme il pouvait, en vendant des mouchoirs dans la rue et en mendiant parfois devant un supermarché à Turin. C’est avec 5 euros économisés qu’il a acheté ce fameux ticket Gratta e Vinci.
Et là, coup de théâtre : 500 000 euros.
Sur le papier, c’est le rêve. Dans la réalité, c’est devenu un casse-tête.
Pourquoi il ne pouvait pas encaisser ses gains
En Italie, comme ailleurs en Europe, l’encaissement de gros gains passe par des procédures d’identification et, très souvent, par un compte bancaire. Or, sans statut administratif régularisé, Imagbe Ehizomwengie ne pouvait pas ouvrir ce compte.
Le paradoxe était presque cruel :
- il avait gagné assez pour changer de vie ;
- mais il ne pouvait pas toucher l’argent ;
- et sans argent disponible, il lui était plus difficile de prouver sa stabilité financière.
Bref, le serpent administratif se mordait la queue.
À retenir 📌
| Élément | Détail |
|---|---|
| Pays | Italie |
| Jeu | Gratta e Vinci |
| Prix du ticket | 5 € |
| Gain remporté | 500 000 € |
| Problème | Impossible d’ouvrir un compte bancaire sans papiers |
| Issue finale | Obtention d’un permis de séjour |
Une partie du gain a transité par un proche
Selon plusieurs récits de presse, une partie des gains a finalement pu être transférée via le compte bancaire d’un cousin. D’autres versions évoquent aussi un “ami” qui aurait gardé une moitié de la somme au passage, ce qui ajoute encore une couche à cette histoire déjà bien chargée.
Ce qui semble clair, en revanche, c’est qu’Imagbe Ehizomwengie a pu utiliser une partie de l’argent pour racheter un commerce de produits alimentaires africains à Falconara Marittima, une ville côtière de la région des Marches, sur la façade adriatique de l’Italie.
Pour les lecteurs français, on peut situer ça simplement : on est dans l’est de l’Italie, du côté d’Ancône, loin des clichés Rome-Venise-Florence, mais dans une zone active et bien connectée. Son magasin, baptisé Mama Africa, lui a permis de montrer une insertion professionnelle concrète.
Le vrai “gros lot”, selon lui
C’est peut-être le point le plus marquant de l’histoire : Imagbe Ehizomwengie a expliqué que son permis de séjour comptait plus pour lui que l’argent.
« Recevoir ce permis signifie plus pour moi que de gagner l’argent. Je veux travailler et faire ma part pour la société. »
Cette phrase résume tout. Le jackpot a fait la une, mais la vraie bascule, pour lui, c’est la possibilité d’avoir enfin une situation légale, stable, et de travailler normalement.
Ce qu’a décidé la justice italienne
Son avocat, Andrea Palazzeschi, a saisi le tribunal d’Ancône. Le juge a finalement accordé un permis de séjour, en tenant compte de plusieurs éléments :
- sa maîtrise de l’italien ;
- son activité professionnelle dans le commerce ;
- sa stabilité financière désormais démontrée ;
- son intégration dans la société italienne.
Point important : son avocat a insisté sur le fait que le permis n’avait pas été accordé parce qu’il avait gagné de l’argent, mais parce qu’il remplissait les critères examinés par le tribunal.
💡 Bon à savoir
En Italie, les jeux Gratta e Vinci sont extrêmement populaires. Ce sont des tickets de grattage vendus dans les bars-tabacs, un peu comme les jeux de la FDJ en France. Les gains importants existent bel et bien, mais comme partout, ce sont surtout les histoires humaines autour des tickets qui marquent les esprits.
Une histoire de loterie, oui… mais surtout de bascule
Ce qui rend cette affaire si frappante, ce n’est pas seulement le montant. Des gains de 500 000 euros au grattage, ce n’est pas banal, mais ce n’est pas non plus du niveau d’un EuroMillions record. Ce qui la rend mémorable, c’est ce contraste incroyable :
- un homme en très grande précarité ;
- un ticket gagnant ;
- un jackpot inaccessible ;
- puis, au bout du chemin, une régularisation.
On a presque envie de dire que ce ticket n’a pas seulement été gagnant : il a servi de déclencheur administratif, ce qui n’est pas exactement la promesse imprimée au dos du billet.
Et pour une fois, le plus beau dans cette histoire n’est pas le chèque, mais ce qu’il a permis d’ouvrir : une boutique, un statut, et visiblement un nouveau départ.
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